Le Skiogre Y26 est un fat bike électrique taillé pour les grands gabarits et les charges lourdes. Il est proposé en une seule couleur, un bleu discret et passe-partout qui convient aussi bien à un usage urbain qu’à des sorties nature. Ce modèle s’adresse à des utilisateurs entre 1,68 m et 2 m, avec une capacité de charge maxi de 200 kg. Ce chiffre inclut bien sûr le pilote, les bagages et éventuellement un passager sur le porte-bagage arrière. De son côté, le vélo affiche 40 kg sur la balance, ce qui en fait probablement l’un des modèles les plus imposants que j’ai testés.
Unboxing et montage du Skiogre Y26
Lorsque tu commandes le Skiogre Y26, tu le reçois dans un énorme carton. Le vélo est très bien protégé. En revanche, l’emballage repose encore sur du polystyrène, ce qui n’est pas idéal en termes d’écologie et de confort de déballage. À l’intérieur, tout est fourni pour le montage et l’équipement de base. Tu trouves les outils, le porte-gourde, un support de smartphone, la manette d’accélération, le garde-boue avant, la notice en français très claire, ainsi qu’une pompe qui mérite vraiment d’exister.
Le montage demande un peu de temps, car le vélo est volumineux. Compte environ quarante minutes si tu suis la notice et la vidéo explicative de la marque. Tu installes notamment le guidon, la roue avant, les garde-boue, la sacoche et la tige de selle. Le vélo est livré avec deux tiges de selle, dont une tige de selle suspendue. C’est celle que j’ai choisie pour ce test, afin de transformer ce gros fat bike en quasi tout-suspendu.

Batterie 1440 Wh, capacité, charge et usage
Le cœur du Skiogre Y26, c’est clairement sa batterie. On trouve un pack lithium-ion de 48 V, 30 Ah, soit 1440 Wh, avec cellules Samsung. C’est un vrai gage de fiabilité et de longévité. La batterie est logée derrière la tige de selle, dans un logement métallique protégé. Pour la recharge, la marque fournit un chargeur 4 A en 54,6 V, ventilé. Il fait un peu de bruit, mais il reste rassurant sur le plan de la sécurité. Tu peux recharger la batterie en la laissant sur le vélo, via un port sous capuchon plastique, ou l’extraire pour la ramener chez toi ou au bureau.
L’extraction reste simple. Tu déverrouilles la selle avec le levier de serrage rapide, tu insères la clé, tu tournes, puis tu tires la batterie vers l’arrière. Tu peux ensuite la transporter par sa poignée. Pour une charge complète, il faut compter environ huit heures. Au vu de la capacité, ce délai reste logique. Pour préserver la batterie, il vaut mieux la laisser refroidir avant de la brancher et éviter les charges non surveillées, en particulier la nuit. Une batterie de cette taille mérite quelques précautions.

Confort et comportement sur tous les terrains
Le Skiogre Y26 mise clairement sur le confort et l’aptitude tout-terrain. À l’avant, une fourche à ressort réglable en dureté et en rebond offre 80 mm de débattement. Ce n’est pas une fourche haut de gamme, mais elle fait bien le travail en ville comme sur les chemins. Le cadre ne dispose pas d’amortisseur arrière. Cependant, la tige de selle suspendue transforme vraiment le comportement du vélo. Associée à une selle large et moelleuse, elle filtre efficacement les chocs. Même après de longues portions sur des chemins défoncés, je n’ai pas eu mal aux fesses.
Les pneus jouent aussi un rôle central. On retrouve de gros pneus Chao Yang de fat bike en 26 x 4 pouces, montés sur des jantes à rayons. Tu peux les gonfler peu pour gagner en confort et en grip. Ils permettent de rouler dans l’herbe, sur la boue, les ornières, les chemins forestiers, les pistes caillouteuses et les routes en mauvais état. En pratique, le Skiogre Y26 passe quasiment partout. Tu peux l’utiliser en vélotaf, pour rouler en ville sur des trottoirs abîmés, des pavés ou des pistes cyclables dégradées. Tu peux aussi t’en servir le week-end pour des balades en forêt ou à la campagne. Malgré le poids, la position reste agréable et tu ne termines pas la sortie cassé en deux.

Position de conduite et ergonomie
La position de conduite se rapproche d’un VTC très droit. Le cintre est haut et la potence est réglable en hauteur et en inclinaison. Tu peux donc parfaitement adapter le poste de pilotage à ta morphologie. Même si les poignées rondes de type VTT ne sont pas ergonomiques, le poste reste confortable. La potence réglable permet de rouler presque droit, avec une légère pression sur les mains. Le dos ne souffre pas, même lorsque la sortie se prolonge.
Pour un grand gabarit, le cadre long, les pneus de 26 pouces et le guidon large créent une impression de grande stabilité. Tu sens que le vélo est massif, mais tu te sens rapidement en sécurité, surtout sur les revêtements dégradés.

Porte-bagage, sacoche et équipements pratiques
Le Skiogre Y26 est pensé pour transporter du poids. À l’arrière, le porte-bagage renforcé supporte jusqu’à 60 kg. Tu peux donc installer un siège enfant, transporter un ado ou un petit adulte, ou simplement charger des sacoches bien remplies. La sacoche fournie se fixe facilement avec des bandes velcro. Elle permet de ranger la batterie, des outils, un antivol, un cadenas, un coupe-vent et quelques courses. Tu peux aussi ajouter des sacoches classiques sur les côtés pour créer un petit “cargo” électrique.
Le cadre comporte des inserts sur le tube diagonal. Tu peux y fixer un porte-gourde (livré) ou, comme je le fais souvent, un antivol en U pour l’avoir toujours sous la main. À cela s’ajoutent des garde-boues en plastique à l’avant et à l’arrière, qui protègent efficacement des projections. Enfin, une béquille latérale robuste supporte sans problème le poids du vélo, même chargée. Elle reste indispensable sur un modèle de 40 kg.

Poste de pilotage, éclairage et connectivité
Au poste de pilotage, on retrouve tout ce qu’il faut pour un usage urbain sérieux. Les leviers de frein hydrauliques intègrent un coupe-circuit électrique. Dès que tu freines, le moteur se coupe. C’est sécurisant, surtout avec une telle masse et un moteur aussi coupleux. Un premier contrôleur gère l’éclairage. Un bouton permet d’allumer le phare avant et le feu arrière. Le phare rond à LED éclaire correctement la route. Le feu arrière, placé sous le porte-bagage, reste discret, mais il fait feu stop. Les clignotants sont intégrés à ce feu arrière, ce qui améliore la visibilité lors des changements de direction.
En revanche, les clignotants ne produisent pas de son et aucun voyant ne s’affiche sur l’écran. Il faut donc penser à les couper. C’est un point à améliorer, même si la présence de clignotants reste déjà un vrai plus. Le cintre de 70 cm de large renforce la stabilité et la maniabilité, malgré la taille du vélo. Sur le même contrôleur, un klaxon électrique bien sonore sert en milieu urbain. Une sonnette classique vient compléter l’équipement, parfaite pour les pistes cyclables. Un second contrôleur allume ou éteint l’assistance et permet de choisir parmi cinq niveaux. Si tu restes en niveau 0 et que tu maintiens le bouton moins, tu actives la fonction “walk” qui fait avancer le vélo jusqu’à 6 km/h. C’est très pratique pour pousser le vélo chargé dans une rampe ou un parking.

Un vélo ultra maniable
Au centre, un grand écran couleur indique ta vitesse, le niveau d’assistance, le niveau de batterie, le kilométrage de trip, la vitesse moyenne, la vitesse max et d’autres données de trajet. Tu peux aussi surveiller la puissance utilisée. Cerise sur le gâteau, un port USB te permet de recharger ton smartphone. Pour un usage quotidien, c’est un vrai plus. À droite, on trouve le support de smartphone fourni, la sonnette et la manette d’accélération. Cette gâchette peut propulser le vélo toute seule. En France, ce fonctionnement reste interdit sur voie publique, mais la gâchette se révèle très pratique pour les démarrages en côte ou les manœuvres.
Le dérailleur Shimano Tourney TZ 7 vitesses complète l’ensemble. Il reste simple, mais suffisant pour l’usage visé, à condition de rester vigilant en l’absence de protection de dérailleur. Enfin, le Skiogre Y26 peut se connecter à une application dédiée. Une fois le vélo appairé en Bluetooth, tu accèdes à un tableau de bord complet. Tu peux consulter la charge, l’autonomie estimée, le kilométrage total, les trajets, la localisation, et même intervenir sur certains paramètres de puissance. Le GPS intégré aide aussi à retrouver ton vélo en cas de problème.

Freinage : puissance et limite d’adhérence
Le Skiogre Y26 est équipé de freins à disque hydrauliques à double piston de marque Cat, avec des disques de 180 mm à l’avant et à l’arrière. Ce dimensionnement reste adapté au poids du vélo, à la puissance du moteur et à la capacité de charge. Lors des tests à 25 km/h, le vélo s’arrête en quelques mètres seulement. Les freins offrent un excellent mordant. Sur gravier, tu sens rapidement les pneus décrocher. La limite vient plus de l’adhérence des gros pneus que de la puissance de freinage.
Sur bitume sec, les distances de freinage devraient être plus courtes. Il faut simplement garder en tête que tu as 40 kg de vélo plus ton poids à arrêter. Mieux vaut donc anticiper, surtout en ville et sur route humide.

Moteur, couple, vitesse et débridage
Sous le cadre, la roue arrière cache un moteur sans balais de 250 W nominal, capable de monter jusqu’à 750 W en pic. Il développe surtout 85 Nm de couple, ce qui est beaucoup pour un vélo de ce type. L’assistance repose sur un capteur de cadence. Autrement dit, dès que tu fais tourner les pédales, même sans appuyer fort, le moteur se met en marche. Le Skiogre Y26 devient donc un excellent “vélo de feignant” dans le bon sens du terme. Tu roules facilement, sans te mettre dans le rouge, même sur un trajet un peu vallonné.
En configuration légale, le vélo t’emmène jusqu’à 25 km/h. Tu peux ajuster la vitesse et d’autres paramètres via le menu de l’écran. Pour modifier la limitation de vitesse, tu restes appuyé sur les boutons plus et moins, puis tu entres dans le menu “speed limit”. Dans mon cas, j’ai paramétré la valeur à 39 km/h, comme indiqué dans la notice.
En assistance 5 sur terrain fermé, j’ai atteint environ 39 à 40 km/h. À cette vitesse, il faut évidemment rappeler que tu roules hors cadre légal sur voie ouverte. Ce mode reste donc réservé aux pistes fermées ou aux chemins privés, et sous ta propre responsabilité. En montée, le couple fait le reste. Sur ma côte de référence, où certains vélos peinent vraiment, le Skiogre Y26 grimpe à environ 20 km/h, malgré son poids et le mien. Le test de la montée est clairement validé.

Autonomie : une batterie qui semble inépuisable
La marque annonce une autonomie comprise entre 90 et 180 km. L’écart s’explique par le niveau d’assistance, le poids de l’utilisateur, la température extérieure, le vent, le type de parcours et l’usage ou non de la gâchette d’accélération. Dans les faits, par 5 °C environ, avec un pilote de 80 kg, des passages en tout chemin et une utilisation régulière d’assistances élevées, j’ai parcouru environ 40 km sans faire tomber la première barre de batterie. Il faut rester prudent, car souvent les deux dernières barres descendent plus vite que les premières.
Je suis néanmoins convaincu que l’on peut dépasser facilement les 100 km en jouant avec les niveaux d’assistance et en adoptant une conduite économique. Même sans atteindre les 180 km théoriques, l’autonomie reste tout simplement énorme pour un usage urbain, périurbain ou loisir.

Mon avis sur le Skiogre Y26
Le Skiogre Y26 fait partie de ces vélos qui donnent envie de rouler longtemps. Il coche presque toutes les cases de ce que j’attends d’un gros fat bike électrique de ce type. Il est puissant, confortable, très bien équipé, facile à prendre en main et incroyablement endurant. J’apprécie particulièrement la batterie de 1440 Wh, la tige de selle suspendue, les gros pneus 26 x 4 pouces, la manette d’accélération, la possibilité de débridage sur terrain privé, le port USB, le support de smartphone, le porte-bagage très costaud, la sacoche dédiée et la connectivité via l’application.
Les quelques axes d’amélioration restent mineurs. Des poignées ergonomiques seraient les bienvenues. Un meilleur retour visuel ou sonore sur les clignotants améliorerait encore la sécurité. Une protection de dérailleur ajouterait une petite dose de tranquillité pour les trajets urbains. Pour le reste, difficile de lui reprocher grand-chose. Pour un fat bike électrique polyvalent, capable de servir de gros vélotaf toute l’année et de compagnon de balade le week-end, le Skiogre Y26 s’impose comme un choix quasi idéal, surtout à ce niveau de prix.






Ajouter un commentaire