Le monde du cycle français traverse une zone de fortes turbulences. En effet, le budget 2026 de l’État prévoit une baisse drastique des aides destinées au “plan vélo”. Les financements publics passeraient ainsi de 250 millions d’euros à seulement 31 millions d’euros. Par ailleurs, les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), essentiels pour financer la logistique et le stationnement, tomberaient à zéro. Ce désengagement massif menace directement la dynamique positive observée ces dernières années. Les acteurs du vélo urbain dénoncent une vision à court terme qui fragilise l’ensemble de la filière.
Les petites communes premières victimes de la rigueur
Cette coupe budgétaire va accentuer les inégalités territoriales. Contrairement aux grandes métropoles, les petites communes ne disposent pas des ressources suffisantes pour investir seules. Elles comptaient effectivement sur les appels à projets de l’État pour boucler leurs budgets d’aménagements cyclables. Sans ce soutien financier, de nombreux projets de pistes sécurisées risquent d’être abandonnés purement et simplement. Camille Thomé, du réseau Vélo et Marche, regrette ce rétropédalage qui freine l’accès à une mobilité durable pour tous. La promesse de doubler le réseau cyclable d’ici 2030 semble désormais s’éloigner.
Menaces sur la cyclologistique et l’apprentissage
Le secteur professionnel est également touché de plein fouet par la fin des aides CEE. Notamment, les subventions pour l’achat de vélos-cargos sont désormais nulles depuis septembre 2025. Cette absence de visibilité dissuade les entreprises de livraison de troquer leurs fourgonnettes contre des solutions décarbonées. De plus, les programmes d’apprentissage du vélo en milieu scolaire ne seront plus renouvelés. Ce manque d’investissement pourrait entraîner une perte de compétences précieuses au sein des associations et des bureaux d’études. On observe déjà une fuite des experts vers d’autres secteurs d’activité.
Un paradoxe face au succès grandissant du vélo
Pourtant, la pratique du vélo n’a jamais été aussi populaire en France. Entre 2020 et 2024, la fréquentation des pistes cyclables a bondi de 40 %. Les bénéfices pour la santé publique sont estimés à 7 milliards d’euros par an. Malgré ces résultats encourageants, le gouvernement semble privilégier d’autres dispositifs comme le leasing social automobile. À l’inverse, nos voisins européens comme l’Allemagne ou l’Angleterre continuent d’investir massivement. Finalement, les défenseurs de la bicyclette attendent le vote définitif du budget avec beaucoup d’inquiétude pour l’avenir de nos déplacements.





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